Réponse à la pétition en ligne "Un vigneron bio au banc des accusés? Arrêtons ça!"

France 3 Gilbert Payet et Thibault Liger Belair

Photo © France 3 Bourgogne - Gilbert Payet (préfet de Saône-et-Loire) et Thibault Liger Belair.

La pétition lancée par Avaaz en Mai 2015 (cf https://secure.avaaz.org/fr/crime_vigneron_vf/) et ayant reçu 223 000 signatures ainsi que 55 000 messages de soutien a été remis directement au cabinet du préfet en Juin dernier. La préfecture de Saône-et-Loire à fait parvenir à Avaaz dans un courrier daté du 16 Juillet 2015 cette réponse:

Direction départementale desterritoires

Direction

Affaire suivie par Christian Dussarat

Tel 03******

Fax 03*****

Madame,

Vous m'avez remis 223 000 signatures électroniques de citoyens appelant à l'arrêt des poursuites en justice contre un viticulteur ayant refusé le traitement de ses vignes et contrevenant ainsi à un arrêt préfectoral de lutte contre la maladie de la vigne appelée flavescence dorée.

Cette dernière est l'une des plus graves maladies de la vigne du fait de son caractère particulièrement épidémique et de mortalité des ceps atteints.

Elle fait l'objet de réglementations nationales et européennes. Sa découverte dans un vignoble impose la mise en œuvre, par arrêt préfectoral, d'une lutte obligatoire sur une zone donnée. Outre la surveillance du vignoble et la plantation de ceps sains, la lutte contre la flavescence dorée repose, d'une part sur l'arrachage des souches contaminées, d'autres part sur la maitrise de l'insecte vecteur (cicadelle de la flavescence dorée)ainsi que la bactérie responsable par l'application de traitements insecticides (au plus trois).

La lutte contre cette maladie est compliquée du fait du délai d'au moins une année entre la contamination (dès juillet de l'année N) et l'apparition des symptômes (août ou septembre N+1 ou +2,3...). Durant ce délai, les cicadelles peuvent se contaminer sur ceps en incubation et contaminer de nouveaux ceps.

En octobre 2011, un foyer important de cette maladie a été découvert dans le nord Mâconnais. Un périmètre de lutte sur le territoire de dix-neuf communes a été défini en 2012. Lors de la prospection en 2012, une formidable extension de la maladie est constatée, tout d'abord à l'intérieur du périmètre de lutte définit fin 2011 avec des milliers de pieds contaminés et 11 ha de vigne à arracher, mais aussi à l’extérieur avec l'identification de la maladie dans dix communes dont certaines éloignées de 20 km du foyer initial.

Ainsi il fut décidé, en concertation avec la profession viticole, d'étendre, pour 2013, le périmètre de lutte à l'ensemble du département de Saône-et-Loire.

Cette stratégie s'est avérée efficace puisque le prospection conduite en 2013 a montré une maitrise du développement de la maladie.

Ce constat a permis de réduire de plus de 40% les traitements obligatoires en 2014 par rapport à 20113.

La prospection de l'automne 2014 a montré que la maladie ne progresse plus et ne se manifeste que sous forme de pieds isolés.

Les mesures adoptés pour 2015 réduisent donc encore la pression insecticide sur le vignoble.

Ainsi le recours aux produits insecticides (dont certains agrées en viticulture bio) a permis la protection du vignoble. Le plan de lutte est adopté chaque année en concertation avec l'ensemble de la profession en fonction de l'analyse des résultats de la prospection pour ajuster au mieux le recours aux produits insecticides.

Il peut évidemment être tentant pour quelques-uns, devant le succès de la stratégie déployée par les pouvoirs publics, de chercher à dénoncer l'inutilité des traitements.

Je souhaite que ces éléments d'information éclairent les signataires de votre pétition électronique qui ne disposaient peut être pas de tous les éléments d'appréciation de la situation.

Enfin, tout en reconnaissant l'importance de la mobilisation autour de cette question, je ne peux que m'interroger sur les modalités permettant par un simple clic de générer un courrier automatisé ce qui ne permet pas d'apprécier la mobilisation réelle des signataires.

Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de ma considération distinguée.

Le préfet.

Gilbert Payet

Il est important de noter qu'à l'intérieur même de cette réponse il y a une forte contradiction en informant que la maladie peut se révéler sur le cep entre 1 et 3 ans après l'infection, alors qu'une seule année de lutte aux insecticides aurait permis de contrôler la maladie sur plus de 40% des surfaces concernées. Nous pouvons ainsi considérer que ces zones ne présentaient pas de pieds atteints de la flavescence dorée et que les traitements aux insecticides n'y sont pour rien. Donc pourquoi avoir obligé des traitements obligatoires dans ces zones ?

Par rapport au dernier paragraphe de cette lettre, la préfecture incite fortement à une mobilisation citoyenne devant le tribunal car s'interroger "sur les modalités permettant par un simple clic de générer un courrier automatisé ... ne permet pas d'apprécier la mobilisation réelle des signataires" alors même qu'il y avait plus de 55 000 messages de soutien personnalisés (ce qui est une mobilisation exceptionnelle) donne l'envie de montrer à la préfecture que tout le monde se sent concerné par cette affaire.

Mots-clés: thibault liger belair, petition, gilbert payet, reponse, avaaz

 

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Le realisateur de documentaire Guillaume Bodin au domaine de la soufrandiere à vinzelles Guillaume Bodin

Je voulais devenir vigneron en biodynamie mais les traitements chimiques ont tout remis en question. Je me suis reconverti dans le documentaire.

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